La très grande majorité des cambriolages passent par la porte d'entrée, et presque toujours par des moyens simples : porte fracturée au pied-de-biche, serrure crochetée, cylindre cassé, porte-fenêtre forcée à l'arrière du bâtiment. Le repérage précède l'effraction et dure rarement longtemps. Un logement se protège donc moins par un équipement spectaculaire que par la suppression des points faibles évidents et par le temps que l'intrus devra passer visible depuis la rue.
Le premier réflexe consiste à faire le tour de son logement comme le ferait quelqu'un qui cherche à entrer. Une fenêtre de sous-sol sans protection, une porte de garage communicante restée simple, une baie vitrée dissimulée par une haie, un abri de jardin où traînent des outils, une échelle laissée le long d'un mur : chacun de ces éléments réduit le temps nécessaire pour entrer. La végétation qui masque la façade protège l'intrus plus qu'elle ne protège l'habitant, et les boîtes à clés posées près de la porte sont ouvertes en quelques secondes.
Une serrure certifiée porte une marque de résistance à l'effraction exprimée en étoiles, correspondant à cinq, 10 ou 15 minutes de résistance aux techniques connues. La serrure ne fait toutefois pas tout : elle doit être posée sur une porte dont le dormant, les paumelles et la gâche tiennent, sans quoi c'est le bâti qui cède. Une cornière anti-pince, des paumelles renforcées et un verrouillage multipoints complètent l'ensemble. Sur les vitrages, un verre feuilleté retardateur d'effraction impose plusieurs minutes de travail bruyant, là où un simple double vitrage cède d'un coup.
Une alarme certifiée dissuade surtout par sa sirène et par la perspective d'une intervention. Reliée à un centre de télésurveillance, elle déclenche une levée de doute et un appel aux forces de l'ordre. Les caméras posent des questions juridiques précises : filmer la voie publique depuis un domicile privé est interdit, filmer les parties communes d'un immeuble suppose une décision de copropriété, et l'enregistrement de personnes identifiables obéit à des règles de conservation. Enfin, le dispositif public de surveillance des logements pendant les vacances, gratuit, s'obtient en signalant son absence à la police ou à la gendarmerie.